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Avis d’expert : la réforme de la loi interdisant la location de biens classés F/G

Vue de Montmartre avec le Sacré-Cœur

Publié le 19 Mai 2026

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Longtemps perçue comme un simple durcissement réglementaire, l’interdiction progressive de louer les logements les plus énergivores change en réalité la lecture du marché locatif. À Montmartre comme dans l’ensemble du 18e arrondissement, cette réforme concerne directement de nombreux biens anciens, parfois pleins de charme, mais souvent pénalisés par une isolation insuffisante, des menuiseries vieillissantes, une ventilation perfectible ou un chauffage peu performant. Pour les propriétaires, l’enjeu n’est plus seulement juridique : il devient patrimonial, financier et commercial, car il touche à la fois la capacité à louer, la valeur de revente et le positionnement du bien face à une demande de plus en plus attentive aux charges.

Chez Immopolis, agence immobilière implantée à Montmartre et dans le 18e, nous le constatons au quotidien : cette évolution oblige à arbitrer plus tôt entre travaux, vente, changement de stratégie locative ou repositionnement. Notre expertise locale, fondée sur une lecture du marché rue par rue, une connaissance fine des copropriétés du secteur et des estimations qui intègrent l’impact du DPE et la faisabilité des améliorations, permet de transformer une contrainte réglementaire en décision structurée, cohérente et défendable.

Ce que prévoit réellement la réforme

La réforme s’inscrit dans le cadre de la loi Climat et Résilience et repose sur le diagnostic de performance énergétique (DPE), désormais opposable. L’objectif affiché est de réduire progressivement la part des logements très énergivores dans le parc locatif, en rendant la location impossible lorsque le bien ne respecte plus le niveau minimal de performance requis.

Le calendrier est progressif et s’applique selon la situation du logement et les conditions prévues par les textes en vigueur. Après une première étape ayant déjà écarté les logements aux consommations les plus extrêmes, l’interdiction s’étend aux logements classés G (depuis 2025), puis à ceux classés F (en 2028), puis à ceux classés E (en 2034). À ce mouvement s’ajoutent des effets immédiats sur l’économie locative : dans certaines situations, les propriétaires ne peuvent plus augmenter le loyer des logements les plus énergivores, les obligations d’information se renforcent et l’audit énergétique prend une place plus fréquente dans certaines ventes. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un « couperet » uniforme, mais d’un dispositif qui modifie durablement la rentabilité, la liquidité et la stratégie de détention selon la classe énergétique et le contexte technique du bien.

Pour vérifier les principes de calcul, la portée du DPE opposable et le cadre général, une source officielle de référence reste la page du ministère de la Transition écologique consacrée au diagnostic de performance énergétique (DPE).

Illustration du DPE

Pourquoi cette réforme touche particulièrement les biens anciens à Montmartre

À Montmartre, une part importante du parc immobilier se compose d’immeubles anciens au caractère recherché, mais avec des contraintes techniques fortes : murs difficiles à isoler, hétérogénéité des systèmes de chauffage, défauts de ventilation, planchers et plafonds anciens, caves parfois humides, combles ou toitures complexes, et décisions de travaux qui relèvent souvent de la copropriété. S’ajoutent parfois des contraintes architecturales ou patrimoniales, qui limitent certaines interventions visibles. Ce sont précisément les situations où un logement peut afficher une classe F ou G sans être un « mauvais bien » au sens de l’emplacement, de la luminosité, du plan ou de la désirabilité.

C’est là que l’expertise de terrain fait la différence. Un appartement très bien situé, avec une adresse recherchée, une vue dégagée ou un charme particulier, ne perd pas tout son attrait du jour au lendemain. En revanche, son exploitation locative devient plus contrainte, ce qui influence les projections d’un investisseur et les conditions d’une revente. Le marché distingue désormais plus nettement la valeur d’usage et la valeur réglementaire : l’emplacement reste central, mais il ne suffit plus toujours à compenser un mauvais DPE lorsque la remise à niveau est coûteuse, longue ou incertaine.

Chez Immopolis, nous observons que les acquéreurs et bailleurs raisonnent de manière plus technique qu’auparavant. La question n’est plus seulement « combien vaut cet appartement ? », mais « combien vaut-il compte tenu de ce qu’il faut faire, de ce qu’il est possible de faire en copropriété, et du calendrier qui s’applique ? ». Cette lecture, très concrète, est devenue déterminante dans les négociations et dans la sélection des biens par les investisseurs.

Les avantages de la réforme pour le marché et pour les locataires

La réforme a un bénéfice clair : elle tire progressivement la qualité du parc locatif vers le haut. Pour les locataires, l’enjeu est immédiat. Un logement mieux isolé et mieux ventilé, c’est davantage de confort en hiver comme en été, moins d’humidité, une meilleure qualité d’air intérieur et, souvent, une facture énergétique plus maîtrisée. Dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, cette dimension n’est plus un simple « plus », mais un critère de choix et de maintien dans le logement.

Pour les propriétaires, la réforme encourage une logique de long terme. Un bien énergétiquement cohérent devient plus attractif, plus facile à louer, et généralement plus lisible lors d’une revente. Il résiste mieux à l’obsolescence réglementaire, alors même que les exigences tendent à se renforcer. À caractéristiques comparables, la performance énergétique devient un critère de sélection de plus en plus important, qui peut faire la différence entre un bien qui se loue vite, au bon niveau, et un bien qui s’enlise ou se négocie fortement.

Sur ces sujets, Immopolis partage régulièrement des repères pratiques et des points d’attention, notamment dans son article consacré aux réglementations du nouveau DPE en 2024, pour aider propriétaires et acquéreurs à se repérer dans un cadre qui évolue.

Les limites et les difficultés pour les propriétaires bailleurs

Le revers du dispositif est connu : améliorer la performance énergétique d’un logement est une démarche logique sur le papier, mais complexe dans la réalité. Les freins sont multiples : coût des travaux, accès au financement, incertitude sur le gain réel en DPE, contraintes techniques propres à l’ancien, et surtout capacité à agir en copropriété. À Montmartre, beaucoup d’immeubles ne permettent pas d’aller vite ni d’aller « au plus simple ». Changer des fenêtres peut être utile, mais insuffisant. Isoler par l’intérieur peut entraîner une légère perte de surface, parfois sensible dans les petits logements parisiens. Isoler par l’extérieur est souvent impossible ou très encadré. Remplacer un chauffage ou améliorer la production d’eau chaude peut dépendre d’installations collectives, de colonnes, de gaines ou de décisions votées en assemblée générale. Dans certains immeubles anciens, les améliorations énergétiques dépendent largement de décisions collectives, ce qui peut ralentir fortement les projets ou limiter les gains réellement atteignables.

Dans ce contexte, la difficulté n’est pas seulement de faire des travaux, mais de faire les bons travaux, dans le bon ordre, avec une logique d’ensemble. Une rénovation menée sans cohérence peut coûter cher pour un gain limité, tandis qu’une approche structurée, combinant par exemple ventilation adaptée, isolation ciblée et optimisation du système de chauffage et d’eau chaude, peut améliorer sensiblement le classement sans surinvestissement inutile. C’est précisément là que l’accompagnement en amont et la compréhension des contraintes de l’immeuble évitent des décisions regrettables.

Quels effets concrets sur la vente et l’investissement locatif ?

La réforme crée un double mouvement. Certains propriétaires choisissent de rénover afin de conserver un bien bien placé et sécuriser son potentiel locatif. D’autres préfèrent arbitrer en vendant, notamment lorsque les travaux paraissent lourds, que la copropriété ne suit pas ou que l’horizon de détention ne justifie pas l’investissement. Dans les faits, les logements classés F ou G font plus fréquemment l’objet de négociations, surtout lorsque l’acheteur anticipe un budget important, un calendrier long, ou une incertitude sur la capacité à atteindre la classe énergétique visée.

Pour les investisseurs, le sujet se traite désormais dès la première visite, et pas uniquement au moment du financement. Il faut intégrer le DPE, la faisabilité technique des améliorations, les règles et usages de la copropriété, la disponibilité des entreprises, l’impact des travaux sur la vacance locative, et le cadre local de l’encadrement des loyers. Un bien peut sembler attractif sur le papier et devenir nettement moins pertinent si sa remise à niveau est complexe ou si le retour sur investissement est trop long.

À l’inverse, ces contraintes peuvent ouvrir des opportunités à des acheteurs expérimentés capables de chiffrer correctement, de prioriser les interventions utiles et de piloter un projet réaliste. Mais cette stratégie n’a de sens que si l’on évite les hypothèses optimistes et si l’on tient compte des limites propres à l’immeuble et à son environnement.

L’analyse d’Immopolis : anticiper plutôt que subir

La question n’est pas seulement de savoir si la réforme est « bonne ou mauvaise », mais de déterminer quelle décision est la plus cohérente selon le bien, l’immeuble, la capacité d’action en copropriété et l’objectif patrimonial du propriétaire. Une approche standardisée conduit souvent à des erreurs : travaux engagés sans gain suffisant, vente précipitée sous-valorisée, ou blocage locatif découvert trop tard.

Chez Immopolis, notre approche est pragmatique et individualisée. Tous les logements classés F ou G ne se ressemblent pas, et tous les DPE ne traduisent pas la même réalité d’usage, de bâti et de marché. Certains biens méritent clairement une rénovation, car leur attractivité locative et leur valeur de long terme seront renforcées. D’autres sont plus pertinents à céder, notamment lorsque les contraintes techniques et collectives rendent le projet trop incertain ou trop coûteux. Entre les deux, il existe des situations où il faut d’abord clarifier : vérifier la cohérence du DPE, comprendre les leviers réellement activables, estimer l’impact de différents scénarios et mesurer ce que le marché accepte, aujourd’hui, pour ce type d’actif.

La valeur ajoutée d’Immopolis tient à une lecture globale : estimation immobilière intégrant l’impact du DPE, connaissance des copropriétés et des contraintes typiques du secteur montmartrois, et mise en perspective de scénarios concrets, qu’il s’agisse d’une vente en l’état, d’une vente après amélioration, d’une conservation avec repositionnement locatif, ou d’un arbitrage patrimonial plus large. L’objectif est de sécuriser une décision économiquement rationnelle, et non de réagir sous pression du calendrier.

Ce qu’il faut retenir

L’interdiction progressive de louer les logements les plus énergivores ne se résume pas à une contrainte administrative : elle recompose les arbitrages des bailleurs, la grille de lecture des acquéreurs et, in fine, la valorisation des biens anciens. Ses bénéfices sont tangibles pour le confort des occupants et l’amélioration du parc. Ses effets sont aussi exigeants pour les propriétaires, confrontés à des travaux coûteux, parfois techniquement limités et souvent dépendants de décisions de copropriété.

À Montmartre, où chaque immeuble a ses singularités, l’enjeu est d’éviter les réponses réflexes. Avant de louer, vendre ou rénover, il faut remettre le bien dans son contexte réel, croiser la faisabilité technique et le cadre réglementaire, puis trancher avec méthode. La démarche la plus efficace consiste à clarifier rapidement la situation énergétique, à identifier les leviers réellement actionnables, à chiffrer des scénarios crédibles et à choisir une stratégie alignée avec l’objectif patrimonial. C’est exactement ce que permet l’expertise d’Immopolis : une vision de quartier, une compréhension fine des copropriétés et une lecture marché qui transforment une obligation en plan d’action, et un calendrier subi en décision maîtrisée.

Immopolis Immobilier
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