Les carrières de Montmartre : connaissez-vous leur Histoire ?

Publié le 09 Mai 2019

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Leur superficie, à la veille du XXe siècle, dépassait allègrement les 300 kilomètres de galeries : pendant longtemps, les carrières de Montmartre ont été exploitées pour leur plâtre, reconnu dans le monde entier comme matière de grande qualité. Il a traversé le monde et servi aussi bien pour de grandes constructions que pour la conception d’œuvres d’art. S’il n’en reste aujourd’hui qu’une plaque commémorative, on continue de raconter l’Histoire de ce lieu emblématique, qui a fourmillé d’ouvriers pendant de nombreuses années.

La notoriété du plâtre parisien, pour sa finesse et sa qualité

Au début du XIXe siècle, dans les années 1800, l’activité sur la colline de Montmartre était bien plus importante qu’au niveau des Buttes Chaumont, pour une raison simple : on y trouvait le double de gypse, roche minérale constituant l’une des matières premières du plâtre. À l’époque, on prononçait déjà le dicton « Il y a plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre », parce que l’essentiel des constructions en plâtre reposait sur cette fameuse carrière qui assurait, à elle seule, 75 % des besoins de toute la ville. Au-delà de son usage dans la capitale même, le plâtre de Montmartre était recherché dans le monde entier, pour ses qualités et sa robustesse : les sculpteurs et artistes le faisaient importer spécifiquement pour leurs propres projets. L’exploitation massive des lieux, à cette époque, a engendré une véritable instabilité au niveau des sols, si bien que dès 1813, on ne pouvait plus creuser à moins de 10 mètres des chemins et des constructions, afin d’éviter tout risque d’effondrement.

L’ère du domaine de l’Abbaye

Avant son essor au XIXe, la butte était régie par l’abbesse de Montmartre, qui donnait – ou non – le droit d’exploiter les carrières. En 1700, une promesse de bail avait été rédigée, et nous laisse deviner les conditions qui s’appliquaient à l’époque : un homme prénommé Lamarre, marchand plâtrier, détenait alors les droits d’exploitation. À cette époque, tout le travail était réalisé à ciel ouvert : sur les plans, on voit qu’à côté des vignes, des trous étaient creusés pour aller chercher le gypse. Il faut savoir que ces sols ne recelaient pas uniquement du gypse, mais aussi de la marne et du sablon.

Des monuments historiques déjà bâtis avec le plâtre de Montmartre

Si le XIXe siècle fut la grande époque des carrières de Montmartre, on murmure qu’il était déjà utilisé bien avant. Selon la légende de Saint-Denis, dans l’une des cavités de la carrière, un oratoire avait été aménagé – d’où l’appellation de la butte avec sa chapelle, « la colline du Martyre ». Plus concrètement, on retrouve des traces de la carrière de Montmartre qui remontent au XIVe siècle, dans les écrits de Louis Chéronnet. Ce journaliste et critique d’art ayant publié de nombreux ouvrages dans les années 1940 affirme que la colline était déjà exploitée pour son gypse autour des années 1300.

Après leur déclin, que reste-t-il des carrières de Montmartre ?

Une fois leur exploitation achevée, les carrières de Montmartre ont été rebouchées par remblayage ou éboulements. La première méthode restait largement privilégiée car elle offrait de meilleurs résultats, bien qu’elle nécessite un travail plus long et complexe. Les déblais étaient accumulés en déchet de carrière, sauf quelques rares exceptions : la butte aux cochons, par exemple, a perduré pendant un certain temps – avant d’être retirée pour y bâtir le marché Saint-Pierre. Aujourd’hui, ceux qui s’intéressent à l’Histoire des carrières de Montmartre peuvent se rendre au square Louise-Michel, au nord de la rue Ronsard. C’est ici que se situait l’ancienne entrée des carrières de Montmartre. Une plaque commémorative a été mise en place, sur laquelle on peut lire « Ici était l’entrée des carrières de Montmartre où furent découverts les ossements fossiles qui servirent en 1798 aux études de CUVIER créateur de la paléontologie ».