Aujourd’hui, il ne reste qu’un métro du Château Rouge. Découvrez son histoire

Publié le 23 Août 2018

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Lorsque l’on évoque le mot « Château Rouge », les habitants du XVIIIe arrondissement de Paris comprennent tout de suite ce dont on parle : une station de métro côté quartier Ramey. Très populaire, elle permet de rallier le marché Dejean ou certaines rues particulièrement exotiques, où règne la mixité. Mais pourquoi évoque-t-on un château rouge, alors qu’aucun édifice n’est visible ?

Le Château Rouge a bien existé, au XVIIIe siècle

Quand vous prenez le métro à Château Rouge, vous ne le savez peut-être pas, mais il y a effectivement bien eu un château sur place, érigé avec des briques rouges, d’où ce nom. C’était au XVIIIe siècle, bien avant l’urbanisation. Initialement, ce monument appartient à un certain « sieur Christophe ». Après la révolution, il est vendu à Feutrier. Dans ce grand monument, en 1814, le conseil de défense se réunit. Le roi Joseph, frère de Napoléon, supervise ce rendez-vous organisé autour des armées coalisées et des plans de résistance. Des ennemis viennent rapidement menacer cette union, le roi Joseph et ses acolytes capitulent et quittent Paris. À l’époque, le Château Rouge attirait les plus grandes figures du pouvoir ! Plus tard, au XIXe siècle, la propriétaire du Château Rouge n’a plus les moyens d’entretenir ce grand bâtiment, qui commence à se dégrader. À sa mort, l’ensemble est racheté par des promoteurs qui abattent une partie des arbres du parc. Ils conservent un pavillon central qui accueille, en 1845, le Bal du Château Rouge.

Les mythes autour du Château Rouge

À l’époque, on mise beaucoup sur le Château Rouge comme lieu de fête. Ainsi, de nombreux publicitaires s’amusent à inventer des légendes, comme celle de la Belle Gabrielle, élégante femme ayant logé, dans ces murs, plusieurs de ses amours — dont le Vert Galant. Une histoire romantique spécialement pensée pour donner du cachet au lieu, et l’imposer en tant que bal incontournable. Bien qu’il repose sur un mensonge, le pari est réussi, car tous les visiteurs viennent s’amuser au Château Rouge. En 1847, les jardins sont choisis pour l’organisation des banquets réformistes. Ces mêmes personnes prépareront la révolution qui entraînera la perte du monument, mais à ce moment, personne ne peut encore le deviner… Le système prospère jusqu’en 1870. La Commune aura raison de lui : dix ans d’affrontements plus tard, le Château Rouge tombe en ruines, il est vendu. Encore une fois acheté par des promoteurs, il ne donnera pas de seconde chance au fameux pavillon. Ce dernier est détruit, pour ériger les immeubles que l’on trouve aujourd’hui rue de Clignancourt et rue Custine.